Préserver le cadre de vie

Au vu de la croissance démographique observée et attendue dans la région morgienne, la densification apparaît indispensable pour des raisons d’économie du sol, de préservation du paysage et de maintien des surfaces agricoles, mais également pour éviter la fragmentation des surfaces naturelles et la perte de biodiversité.

Des atteintes au paysage

Le paysage constitue un élément fondamental de l’identité d’un lieu ou d’une région.

Comprenant à la fois des composantes «naturelles» telles que la topographie du terrain et l’articulation subtile de surface boisées et de cours d’eau, des composantes agricoles ou viticoles, et des composantes «historiques» et culturelles telles que d’anciennes fermes, des villages ou des villes, le paysage d’une région façonne ses habitants et ces derniers y sont généralement très attachés.

L’étalement urbain, autrement dit, la dissémination des nouvelles constructions sur un large territoire, engendre une consommation importante de surfaces pour la réalisation de logements et d’infrastructures, aux dépends tant des espaces naturels que des surfaces agricoles et viticoles. Cette transformation rapide du paysage «gomme» l’héritage du passé et bouleverse fondamentalement la perception qu’ont les habitants de leur environnement.

Bien que principalement d’ordre affectif et sentimental, le paysage a néanmoins une grande influence sur la perception individuelle et collective de la qualité de vie. Il est par conséquent nécessaire de le prendre en compte dans le cadre du développement afin de préserver l'identité du territoire.

Des atteintes à l’environnement

En suscitant l’utilisation de véhicules privés pour satisfaire les besoins de mobilité, l’habitat dispersé engendre une multiplication des voitures sur les axes routiers ainsi que des problèmes de congestion et de pollution de l’air aux abords et à l’intérieur des agglomérations.

Lorsque les logements sont fortement disséminés, la mise en place d’un réseau de transport public efficace, attractif et économique n’est en effet pas envisageable. Les habitants sont donc dépendants de leur véhicule pour se rendre à leur travail ou réaliser leurs activités, augmentant par conséquent le nombre de véhicules en circulation, les kilomètres parcourus et la pollution atmosphérique générée.

Des atteintes à la biodiversité

L’une des principales causes de la diminution de la biodiversité provient de la fragmentation des habitats naturels, autrement dit des coupures introduites entre des écosystèmes autrefois connectés.

La biodiversité est importante pour l’homme car elle est garante de la résistance de notre environnement. Plus les espèces animales et végétales vivant dans un même milieu sont nombreuses et diversifiées, plus ce milieu sera capable de résister aux évènements extérieurs tels que pollution, variation de température ou catastrophes naturelles. Un milieu peu diversifié soumis à des situations extrêmes se dégrade très rapidement et ne retrouve que très rarement, souvent après de longues années, un équilibre favorable à l’homme.

La construction d’un habitat dispersé nécessite, pour des questions d’accès, la construction de nombreuses infrastructures routières constituant des barrières souvent infranchissables pour la plupart des espèces. Des sous-systèmes qui autrefois évoluaient en synergie se retrouvent désormais totalement dissociés. Ils deviennent ainsi favorable un petit nombre d’espèces animales et végétales particulièrement adaptées qui pourront s’épanouir alors que la grande majorité des autres disparaîtront progressivement.

La construction d’un habitat dispersé est donc l’un des facteurs entraînant l’appauvrissement général de la biodiversité.

Des conflits avec d’autres usages du sol

Historiquement, l’agriculture fût le facteur déterminant qui permit le développement des villes. Les champs situés en périphérie produisaient en effet les denrées nécessaires pour nourrir les habitants des centres. Encore aujourd’hui, toute agglomération a automatiquement besoin d’une certaine surface agricole pour nourrir sa population.

Bien qu’aujourd’hui, suite au phénomène de mondialisation, les villes suisses soient davantage dépendantes de denrées étrangères pour assurer leur subsistance, l’agriculture locale demeure néanmoins très importante tant pour sa production que pour garantir à l’avenir, l’entretien des espaces naturels.

En provoquant une diminution des surfaces agricoles disponibles, l’étalement urbain réduit la viabilité des exploitations et participe ainsi au démantèlement progressif d’une profession indispensable, tant à la survie des agglomérations qu’au maintien d’un environnement et d’un cadre de vie sain.

En réponse, la densification permet

  • De préserver la qualité de notre cadre de vie, en limitant les atteintes à l’environnement, aux paysages naturels et en réduisant la pollution automobile;
  • De préserver la biodiversité en limitant la fragmentation des surfaces naturelles;
  • De garantir une meilleure gestion de l’espace à disposition, en utilisant les surfaces pour des usages plus profitables à la collectivité que la construction de logements.

La densification est indispensable pour éviter le gaspillage du sol et envisager un développement durable.



Liens pour en savoir plus

Agriculture

Paysage

Biodiversité



Graphiques pour en savoir plus

Figure 1 – Régression des milieux naturel

Les milieux naturels favorables à la survie de nombreuses espèces ont drastiquement diminué depuis le début du 19ème siècle (source: Académie suisse des sciences naturelles, 2010)

Figure 2 – Changements intervenus dans l'utilisation du sol en Suisse

Entre 1979 et 1997, le développement s'est fait principalement au détriment de la zone agricole (source: OFS)

Figure 3 – Mitage du paysage

Le morcellement du paysage a considérablement progressé au cours des dernières décennies (DSE = unité d’occupation du paysage) (source: OFS, OFEV)

Figure 4 – Morcellement du paysage et probabilité de survie des espèces

La probabilité de survie des espèces diminue avec la taille du maillage territorial (source : Figure modifiée à partir de Jaeger et Holderegger, 2005 / OFS)

Figure 5 – Influence du morcellement du paysage sur les populations animales

(source : Figure modifiée à partir de Société suisse de biologie de la faune, 1995)

Figure 6 – Influence des voies de communication sur les populations animales

(source : Figure modifiée à partir de Jaeger et al., 2005)


Une nouvelle manière de vivre l'habitat