Vélos high-tech à se partager - La Côte

Lausanne - Morges - Le réseau de cycles en libre-service se réinvente. De quoi satisfaire les communes mécontentes du système actuel.

Un kilomètre à la seule force des mollets le long d’une avenue qui monte à pic. La perspective de rallier la gare de Morges au gymnase de Marcelin sur un deux roues a de quoi en décourager plus d’un. Et si l’exercice relevait bientôt d’une simple promenade de santé ? C’est ce qu’espèrent les autorités morgiennes, qui se réjouissent de l’arrivée de cycles électriques dans la flotte de Publibike, réseau de vélos en libre-partage. Cet automne, le système sera totalement revu et corrigé.

Pour la région Lausanne-Morges, première en Suisse à bénéficier des innovations de Publibike, la rentrée aura un petit air de révolution. C’est que le nouveau système devrait séduire même les plus récalcitrants. Tous les vélos des 26 stations du réseau seront remplacés – le nombre d’engins passera d’une centaine aujourd’hui à 260 – et la flotte comprendra 70% de e-bikes. De plus, l’utilisation de tous les deux-roues sera considérablement facilitée. «Ils ne seront plus reliés à une borne et il y aura un cadenas électronique qui pourra être déverrouillé via Internet ou une application», explique le municipal morgien Jean-Jacques Aubert. Plus besoin, donc, de courir dans les différents points de vente pour acquérir une carte journalière en l’absence d’abonnement : un simple clic suffira.

Pour les édiles des communes du réseau Publibike Lausanne-Morges, c’est un soulagement. « La ville n’est plus satisfaite du système actuel car l’offre est dépassée, indique Jean-Jacques Aubert. Si on veut être crédibles, on doit avoir un réseau dans l’air du temps et qui incite les utilisateurs à en faire usage », poursuit-il, évoquant notamment des problèmes d’approvisionnement aux stations et une technologie vétuste.

Fortes de ce constat, les villes concernées n’ont pas hésité à porter leurs doléances sur la table des responsables de Publibike « pour les mettre en garde qu’on ne pouvait plus continuer comme ça», poursuit l’élu morgien. Une position qui n’a pas refroidi les intéressés : « Si vous avez un système qui existe depuis des années et que vous voyez que la technologie évolue, c’est normal que vous vouliez un renouvellement de la flotte et du système », commente Bruno Rohner, directeur de Publibike. La réaction ne s’est donc pas fait attendre : « Ils nous ont proposé un système crédible. On a été rapidement rassurés et tout le réseau Lausanne-Morges repart avec Publibike », se réjouit Jean-Jacques Aubert.

Stations déplacées pour booster le réseau

En se réinventant, le réseau espère ratisser plus large. Et pour y parvenir, certaines stations seront déplacées afin de mieux répondre aux attentes des utilisateurs. A Morges, celle de la gare sera splittée en deux, à l’est et à l’ouest du pôle ferroviaire, tandis que celles de la rue Louis-de-Savoie, de l’avenue du Delay et de la Burtignière migreront à la place du Casino, à la place de l’Eglise et à la place Dufour.

Quant à l’unique point de Préverenges, actuellement situé à l’avenue Croix de Rive, en contrebas de la route principale, il sera délocalisé sur le parking de l’Etoile. « La station était un peu cachée, souligne le syndic Guy Delacrétaz. On espère qu’en la déplaçant à côté de l’arrêt de bus, elle sera plus attractive.» Dans le village, force est en effet de constater qu’« il n’y a pas un engouement faramineux», note le chef de l’éxécutif, qui évoque une moyenne d’un vélo utilisé sur l’année. Face à ce constat, les autorités ont décidé de diminuer le nombre de deux-roues. « Nous ne voulions pas payer pour des vélos qui restent ad æternum à Préverenges mais la Municipalité est prête à revoir ce nombre à la hausse si la demande suit ». Et pour cela, Préverenges mise beaucoup sur les e-bikes: «C’est le gros point fort.»

« Un pas vers l’avenir »

Du côté de Renens aussi, tous les espoirs sont permis. « Le réseau est intéressant mais il est très orienté sur l’Unil et l’EPFL, relève la municipale Tinetta Meystre. On souhaite l’élargir encore. » Et du côté des campus, le terrain est plutôt plat alors qu’en direction de Prilly et de Lausanne, « ça monte vite. En cela, les vélos électriques joueront leur rôle. » Une réalité que Publibike semble avoir bien intégrée : «Au bout d’un moment, si on est confrontés à une telle topographie et qu’il n’y a pas de vélos électriques, ça n’incite pas à emprunter un deux roues », analyse Bruno Rohner. Le directeur n’attend désormais plus qu’une chose : la mise en service du nouveau système.«Pour nous, c’est un pas très important vers l’avenir. On est très curieux de voir comment les clients vont réagir et quelles seront les premières expériences.»

Des prestations améliorées

NOUVEAU MODÈLE D’AFFAIRES


Lors du lancement du réseau Lausanne-Morges en 2009 – à l’époque, le prestataire n’était pas encore Publibike –, les communes avaient dû assumer l’achat des vélos et le coût inhérent à la création des stations. Pour La Coquette, cela avait représenté un investissement de 250 000 francs Avec le nouveau système, plus besoin d’acquérir les cycles, qui seront fournis par Publibike.

A titre d’exemple, l’investissement annuel de Morges représentera un montant de 25 000 francs – 5000 francs pour chaque station – ce qui correspond à l’effort financier que la ville fait déjà. «Le modèle d’affaires change totalement, insiste le directeur de Publibike. Nous restons propriétaires de l’infrastructure et nous demandons juste une participation aux frais d’exploitation. Pour le même prix, les communes auront une meilleure offre qu’actuellement.»

TARIFS DIFFÉRENTS

Pour emprunter les nouveaux engins, l’utilisateur devra entrer son nom ainsi que son adresse mail et choisir un moyen de paiement sur l’application ou sur la page Internet. Une fois la transaction réglée, Publibike lui indiquera où se trouvent les cycles disponibles, via un système de géocalisation, nouveau lui aussi. Le déverrouillage se fera alors électroniquement, les vélos n’étant plus accrochés à une borne. Une équipe d’entretien s’occupera de changer les batteries des deux-roues électriques qui approcheront de la fin de leur autonomie. Côté tarifs, le prix restera identique pour les vélos «classiques», il sera un peu plus élevé pour les e-bikes. A titre d’exemple, sans abonnement, il faudra débourser 3 fr. la première demi-heure pour louer un deux-roues mécanique, contre 4,50 fr. pour un vélo électrique. Avec un abonnement normal ou d’entreprise, les tarifs seront dégressifs.

DEUX RÉGIONS, DEUX SYSTÈMES

Du côté de Nyon aussi, on espère profiter des innovations de Publibike. Si la société a décroché le mandat pour renouveler et densifier la flotte de vélos en libre-service du réseau La Côte, la situation est bloquée en raison du recours d’un concurrent. En attendant, la région nyonnaise continuera donc à utiliser le système actuel. Dès le renouvellement du parc et de la technologie du réseau Lausanne-Morges, deux systèmes cohabiteront donc sur La Côte. Chez Publibike, on essaie de trouver une solution afin de permettre aux utilisateurs de louer un deux-roues à Morges et de le rendre à Nyon, malgré tout. «C’est important pour gagner en attractivité. Nous examinons les possibilités afin de voir ce qu’on peut faire sur le plan logistique», note Bruno Rohner.

Caroline Gebhard

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